08.09.2008
la chaîne du sous-titré
Une petite chaine amusante auquelle m'a convié une bloggeuse :
1. Attrapez le bouquin le plus proche
Oula, il faut que je me lève de mon siège et que j'aille voir...
(J'avais bien un manga et des magasine à portée, mais vu la question suivante, ça ne marchera pas.)
Voila, c'est le bouquin que j'ai en cours : Deus Irae de Philip K.Dick et Roger Zelany
2. Ouvrir à la page 123
3. Trouver la cinquième phrase et citer les trois suivantes
« Vous éssayez de le trouver? Demanda le troisème lézard. Bien sûr, il est évident que vous êtes en Pilg. Pourquoi donc seriez-vous en train de voyager sinon?»...
Hum... Pour le coup, c'est pas très intéréssant, mais bon j'ai joué le jeu.
4. Dénoncer le taggueur (celui qui m'a arrimée à cette chaîne)
C'est Elvys, une écrivain dont je vous invite à consulté le blog.
5. Trouvez 5 nouvelles cibles.
Davy mourier, un artiste que j'aime beaucoup.
Lourinki, dont le blog actufiction traite avec verve et humour de l'actualité.
Diomeda, une auteur, nottament membre de la communauté "A Vos Plumes"
Fattorius, un auteur également, dont je vous invite à lire les textes.
Danielle, une écrivain très talentueuse.
15:19 Publié dans Ptite note | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.05.2008
Mononoke
Un millier de paires d’yeux.
La tète levée vers le ciel, afin de ne pas les voir, mon regard cherche désespérément une issue. Seulement, aucune sortie ne s’offre à moi. Je suis prisonnière de gigantesques barreaux boiseux. A la fois mur et compagnon de cellule, le ciel d’onyx s’appuis lourdement sur la cime des pins. Ainsi le poids de cette nuit sans étoile semble faire plier ces derniers.
Je baisse le crâne, fais face à mes observateurs. Invisibles, masqués par d’épais feuillage et l’opacité du voile de velours noir, je ne distingue que leurs prunelles, luisantes dans le froid.
« Quoi ?! Que me voulez-vous ?! Et où suis-je pour commencer ?! »
La légère brise, qui soufflait jusqu’à présent, se stoppe net. La forêt se terre dans un mutisme assourdissant. La nature tout entière m’offre une unanime réponse interdite.
« Arrêtez de vous cacher, sortez de là ! Si vous croyez me faire peur, vous vous fourrez le doigt dans l’oeil ! »
L’oeil, c’est bien la seule chose qu’il me reste à contempler. Entre deux nuages sombre, passe une vision inquisitrice. La lune tout entière, dans son halo laiteux, est un gigantesque globe oculaire menaçant de s’effondrer sur mon corps. Dans sa lumière blafarde, seule qui me protège encore un tant soit peu des noirceurs ultimes, dansent des ombres qui ne peuvent être uniquement celle des arbres ou de ma personne frémissante.
« Ça suffit maintenant !! Laissez moi tranquille !! Je vous préviens, je sais me défendre !! »
Un mouvement dans ma nuque, comme un souffle fugitif, j’en suis sûre ! Je me retourne, le néant, seules brillent encore et toujours, les pupilles abyssales. Je tourne sur moi-même pour tenter de rattraper la présence, du regard. Je trébuche sur une pierre, vacille, tombe à la renverse sur une terre humide. Mes mains sont écorchées, mes genoux aussi. J’ai froid, j’ai peur, j’ai mal au ventre et à la tète.
« Et merde !!! »
Je m’effondre en sanglot.
« PUTAIN DE BORDEL DE CONNARDS !! CASSEZ-VOUS BANDE D’ENFOIRE !! »
J’agite mes mains en tout sens pour tenter d’en attraper un, au hasard. Mes ongles lacèrent le vide, mais ne rencontre aucune trace de mes scrutateurs. Alors je retourne mes doigts vers mon visage, et enfonce mes griffes dans mon front. La douleur me permet d‘atténuer un peu la terreur. Tremblante, je m’allonge au sol et me recroqueville en position fœtale, les serres enfoncées de plus en plus profondément dans ma chair.
Derrière un opaque miroir d’incompréhension, un jeune homme contemple une scène aussi banale qu’impressionnante.
Dans une rame du métro parisiens, une SDF d’une cinquantaine d’année, peut-être plus jeune -Il est souvent très dur de donner un âge à ces personnes, tant la misère vieillit prématurément leurs traits-, est en proie à une crise de démence. Sans doute est-elle sous l’emprise de l’alcool, ou d’une autre substance qui réduit la conscience et la volonté humaine jusqu’au niveau d’une plante verte. Elle apostrophe la foule des usagers, les invectives, tombe et s’automutile.
Autour d’elle, pas un seul ne lui répond. Tous la regardent, en proie à un mélange subtil de fascination, de pitié et de crainte, mais pas un seul ne lui vient en aide. Pas un seul n’osera déranger son quotidien, dans le but d’améliorer un peu le sien...
Lorsque la stupéfaction aura cédé la place au blasement, ils détourneront simplement le regard…
19:41 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16.05.2008
Folie de deux fées
J’ai écrit ce texte pour « jeu presqu'hebdomadaire » n° 32 du forum « A vos plumes ! ». Le but était de caser 7 mots dans un texte de 3000 caractère : vœux, piano, geôle, événement, absinthe, rêve et farfelu.
Et que coule le vertueux liquide d’émeraude !
De la bouteille au verre, de l’eau glaciale aux cristaux de saccharose, du mélange hivernal aux feux de jade, du démon charitable à ma gorge extatique.
Je suis une fontaine.
La voilà alors, tout droit sortie de son cocon humide par le chemin de ma narine droite. Gracieuse à la peau d’olivâtre et aux ailes de dentelle sucrée. Elle se tourne vers moi et m’écrase sous un sourire vestalique.
« Fée Absinthe! Je t’en conjure, entends et exauce mon vœu! Libère moi de la tourmente qui me consume ! »
Ses pieds minuscules, étreints dans de délicats souliers de verre, font résonner un air farfelu de piano diaphane. La mystique apparition tend vers moi un doigt malicieux et m’invite à la suivre. Perdu dans mon rêve artificiel, je la suis sans poser de question.
C’est ainsi que, sans avoir rien vu du voyage, j’émerge dans une robe de chambre, au centre d’une foule compacte.
« Pourquoi mon amour ? Pourquoi te jouer ainsi de moi ? Qu’ai-je bien pu faire pour attiser ainsi ton courroux ? N’y avait-il pas punition moins implacable à me faire subir, que de me pousser droit dans les bras de ma geôle ?! »
Place de la défense, tout n’est plus qu’agression virulente.
Dans un tourbillon flou de costume gris souris, se détache un millier de paire d’yeux. La plupart me scrutent furtivement, avant de reprendre leurs pas pressés, nullement troublés par un événement aussi trivial qu’un homme à demi nu, errant dans un lieu public.
Crise de misanthropie aigue, accentuée par les diablotins éthyliques qui se bousculent dans mes veines.
Un jeune homme me frôle, déclic nerveux, je lui bondis au visage et tente de le lacérer à coups de griffes.
Je suis un chat.
Soudain les globes oculaires se braquent sur moi. Je suis enseveli sous un amoncellement difforme de chair, de tissus et d’attaché-case. Ils me tiraillent, me broient, me déchiquettent! J’enfonce profondément mes racines dans le sol, je tente de résister à ce flot impitoyable.
Je suis un bégonia.
Je m’agenouille, suppliant ma verdoyante aimée. Ses cheveux se transforment en un nid de serpent, son si doux sourire dévoile six rangées de dents pointues et effilées comme des rasoirs.
Je disparais…
***
L’ombre de ma main s’amuse à entrecouper celle des barreaux de ma cellule psychiatrique. Dans cet univers de blanc laiteux et de vert pâle, j’ai tout d’abord crû que ton absence me serait insupportable.
C’était bien avant huit heures ! A cette heure matinale, elle apparaît chaque jour.
Directement d’une boite en carton à mes yeux, en passant par ma langue, puis mon oreille gauche, la Fée Xanacs me console tendrement.
Tout aussi gracile, tout de blanc vêtu, ses souliers me jouent un air de xylophone. Je me balancerai d’avant en arrière pour le restant de ma vie.
Je suis un métronome.
20:46 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


